Quel est l'impact du digital sur les institutions culturelles ?

La crise de la Covid-19 a permis un essor de l'usage du digital au sein des institutions culturelles. Quel bilan peut-on tirer aujourd'hui ?

La crise de la Covid-19 a favorisé la transition numérique dans les musées et dans les lieux d’expositions franco-belges. Où en est-on aujourd’hui ?

 

Le virtuel au secours des musées pendant le confinement ?

 

Le recours au numérique a permis à de nombreux lieux culturels de continuer à proposer une programmation artistique pendant le confinement. Cette nouvelle forme d'art utilise la technologie de ‘video mapping’, une technique qui permet de projeter parfaitement des images et des vidéos sur certaines surfaces. Cette dernière a permis à ces visiteurs à distance de s'échapper de leur quotidien.

Toutefois, cette numérisation des lieux culturels était déjà en cours bien avant. En effet, nous noterons la création du projet Google Art & Culture en 2013. Celui-ci a pour vocation de proposer des visites virtuelles de musées venant des quatre coins du monde. Aujourd’hui, cette plateforme internet regroupe plus de 2 000 visites virtuelles de lieux culturels. Des musées belges de renom font partie de ce programme, notamment le Bozar ou le Muséum des Sciences Naturelles. Il en est de même du côté français avec la participation du Musée d’Orsay ou du Centre Pompidou.

L’annonce du confinement et la fermeture administrative des lieux culturels a permis une démocratisation et une mise en lumière de ces visites virtuelles. Le numérique est devenu pendant quelques mois l’unique recours pour visiter un musée ou une exposition. De fait, il n’est pas étonnant que de nombreuses institutions aient développé leurs outils digitaux. Par exemple, en attendant l’ouverture de son exposition Pompéi qui aurait dû débuter le 25 mars, le Grand Palais a proposé aux internautes une immersion dans une maison antique grâce à la réalité virtuelle. L’expérience allait même plus loin car l’internaute pouvait, à l’aide d’un QR code, projeter dans son salon des statues antiques exposées au Grand Palais. En ce sens, pendant le confinement, le digital a permis aux musées de numériser leurs expositions mais aussi d’offrir une toute autre expérience culturelle.

 

Le boom des événements artistiques immersifs

 

L’expérience proposée par le Grand Palais peut être qualifiée d’immersive. La crise du Covid-19 a vu éclore de nombreuses expériences de ce type, mais ces dernières étaient déjà la proposition de valeur de nombreux espaces culturels.

Avec ses 122 musées, Bruxelles possède une large offre culturelle pour les touristes et les locaux. En 2018, la troisième exposition la plus populaire a été "Van Gogh Immersive Experience". Cette exposition permettait aux visiteurs de vivre une expérience inédite : celle d’ « entrer dans un tableau » grâce au numérique. Quelques 150 000 personnes ont profité de cette exposition. L’Atelier des Lumières, au cœur du XI° arrondissement parisien, a proposé entre avril et décembre 2018 une exposition sur l’œuvre de Klimt du même type. Grâce à ses 140 projecteurs, il proposait à ses visiteurs de découvrir une œuvre culturelle de manière sensorielle et désintellectualisée. Environ 1 200 000 personnes ont découvert l’exposition « Gustav Klimt », un chiffre comparable au nombre de visiteurs s’étant rendus au Grand Palais durant cette période.

Bien que cette forme d'art ne soit pas vraiment nouvelle, elle a connu un essor considérable ces dernières années, notamment grâce à l'amélioration constante des technologies. De plus, elle est accessible à tous : il n'est pas nécessaire d'être un véritable connaisseur ou amateur d'art pour pouvoir l’apprécier. Les nouvelles générations, ayant grandi avec les réseaux sociaux, sont particulièrement attirées par l’“art numérique”, comme l’indique Raphäel Cruyt, fondateur du Millennium Iconoclast Museum of Art (MIMA) à Bruxelles. Selon lui : "l'idée est l'inverse d'une exposition traditionnelle. Normalement, vous devez entrer dans le monde de l'artiste, vous devez lire des textes. Mais notre idée est que si vous voulez des informations, vous devez les obtenir après l'exposition, pas avant".

 

Quel avenir pour l’art numérique ?

 

La période inédite que nous vivons a favorisé le développement de l’art numérique. Le monde de la culture a su tirer profit des apports du digital, ce que la crise actuelle a prouvé et démontré. L’art numérique a toutes les chances de perdurer après cette crise.

Toutefois, il y a peu de risques que celui-ci supplante l’art traditionnel. Une fois la crise passée, il y a fort à parier que la visite de musées ou d’expositions traditionnelle reprendront le pas sur les visites virtuelles.

 

 

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